Interview de Naemie Antonius, éducatrice en environnement pour le Giraffe Conservation Foundation basé à Windhoek en Namibie. Elle partage sa passion, nous décrit son métier, détaille le programme d’éducation avec les jeunes qu’elle conduit et nous parle des défis à relever pour sensibiliser les jeunes à la cause de la préservation de la faune.

En quoi consiste votre travail?

Je travaille pour la Giraffe Conservation Foundation (GCF) et nous sommes basés à Windhoek, en Namibie. GCF est la seule organisation au monde qui se concentre uniquement sur la conservation et la gestion de la girafe à l’état sauvage dans toute l’Afrique.

GCF travaille avec des partenaires dans 14 États. Ici en Namibie, nous avons un programme de surveillance à long terme de la conservation des girafes dans le nord-ouest du pays et nous gérons un programme d’éducation environnementale à Windhoek – le programme d’éducation environnementale de Khomas (KEEP).

En tant qu’éducateur principal en environnement, j’emmène des apprenants de 4e année de la région de Khomas à Daan Viljoen Game Reserve, qui se trouve à environ 20 km de Windhoek. Les apprenants peuvent passer une journée d’école avec nous dans la savane. Cela implique une randonnée avec plusieurs postes d’apprentissage où les élèves apprennent à suivre les animaux, à identifier les différentes espèces végétales et animales, la chaîne alimentaire et les écosystèmes, la gestion de l’eau et des déchets.

Ce que vous préférez dans votre travail?

Aucun jour sur le terrain ne ressemble au lendemain. Chaque jour, nous observons quelque chose de différent et de spécial. C’est passionnant d’expliquer aux jeunes Namibiens leur environnement et de leur montrer à quel point leur pays est beau. C’est une excellente occasion d’aider notre jeune génération à prendre conscience des effets de leurs actes au quotidien sur l’environnement et à développer une perception positive de la durabilité.

Pourquoi avoir choisi de vous impliquer dans une organisation de conservation de la faune?

J’ai rejoint un club environnemental au lycée pendant deux ans et j’ai réalisé que la conservation était ma passion. Après avoir terminé mes études secondaires, j’ai étudié la gestion des ressources naturelles (baccalauréat en conservation de la nature) à l’Université namibienne des sciences de la technologie.

J’aime la nature et tous les êtres vivants, mais ma vraie passion concerne les plantes. Avant de rejoindre GCF en tant que stagiaire en 2016, j’ai effectué un stage au Namib Desert Environmental Education Trust (NaDEET) où j’ai développé un vif intérêt pour l’éducation environnementale.

Vous êtes en charge du programme d’éducation environnementale de Khomas, pourriez-vous nous expliquer le projet lui-même et ses principaux objectifs?

Comme déjà mentionné ci-dessus, le programme d’éducation environnementale de Khomas (KEEP) est une initiative passionnante du GCF en Namibie. KEEP est un programme d’éducation environnementale sur le terrain qui permet aux jeunes de renouer avec la nature. KEEP renforce la sensibilisation à l’environnement, la responsabilité sociale et l’action chez les élèves de 4e année namibiens. KEEP vise à inciter les élèves à prendre soin de leur environnement en les aidant à mieux comprendre les impacts de leur mode de vie sur les écosystèmes fragiles qui les entourent.

La girafe sert de spécimen modèle pour illustrer le concept général d’adaptation à notre environnement immédiat, c’est-à-dire comment nous pouvons nous adapter pour vivre de manière plus durable et économe en énergie.

Le programme est étroitement lié au programme scolaire national namibien, et les étudiants et les enseignants abordent des sujets de leur programme et appliquent des concepts qui sont déjà familiers en classe, tout en passant une journée dans la savane et en faire une expérience amusante, interactive et pratique.

Quels sont les plus grands défis que vous rencontrez pour sensibiliser les jeunes générations à prendre soin de leur environnement?

Le financement est l’un de nos plus grands défis. La gestion d’un programme d’éducation environnementale sur le terrain coûte cher. Tout d’abord, il y a des frais de personnel et nous fournissons à chaque élève notre cahier d’exercices, qui doit donc être imprimé. Le transport est un autre aspect coûteux.

La plupart de nos participants sont issus de communautés défavorisées et d’écoles publiques. Beaucoup de ces écoles n’ont pas de transport disponible, cela signifie que nous devons organiser ces transports et souvent couvrir les frais de transport pour nous assurer que ces étudiants peuvent nous rejoindre sur le terrain.

De plus, sur le terrain, nous devons fournir le repas aux apprenants, car la plupart de nos participants dépendent des régimes alimentaires des écoles. Bien se nourrir est indispensable pour s’assurer qu’ils soient en mesure de se concentrer tout au long de notre programme et pendant la randonnée sur le terrain. Repas qui se compose d’un sandwich, d’une collation et d’une pomme. Nous recherchons toujours un donateur dédié pour soutenir les repas que nous fournissons à tous nos étudiants.

Pourquoi la girafe a-t-elle été choisie comme spécimen modèle pour illustrer l’adaptation à notre environnement proche ?

Tout simplement parce que je travaille pour une organisation dédiée à la conservation des girafes. C’était un choix logique de choisir la girafe pour servir d’exemple modèle pour illustrer le concept général d’adaptation à notre environnement proche, c’est-à-dire comment nous pouvons nous adapter pour vivre de façon plus durable et économe en énergie.

Dans quelle mesure avez-vous confiance en l’avenir de la résolution des conflits liés à la faune humaine en Namibie?

La Namibie a une longue histoire de gestion communautaire des ressources naturelles qui accorde aux membres de la communauté certains droits sur leurs ressources naturelles. Vivre avec la faune n’est pas toujours facile et même si cela sonne bien en théorie, la réalité n’est pas toujours aussi positive.

Cependant, de nombreuses personnes comprennent et soutiennent le concept. La gestion des relations entre l’homme et la faune est un travail en cours, de longue haleine. Adopter une attitude positive nous aidera, Namibiens, à trouver une solution.

Quels projets avez-vous menés jusqu’à présent et dont vous êtes particulièrement fier?

Travailler pour GCF est mon premier emploi à temps plein après avoir terminé mon diplôme.

Votre message pour convaincre les gens de venir visiter la Namibie ou même l’Afrique?

Si vous songez à venir en Afrique, et ne savez pas dans quel pays aller, n’hésitez pas à visiter notre beau pays la Namibie. La Namibie est un petit pays d’Afrique australe avec une population de seulement 2,5 millions d’habitants. Il a de belles cultures et langues différentes, mais la langue officielle est l’anglais, donc la communication est facile. Le pays est en sécurité avec des gens très sympathiques.

C’est l’un des endroits en Afrique, où vous trouverez des zones naturelles protégées, une variété d’animaux sauvages, des sentiers de randonnée, des campings et le plus beau désert du monde.

Trois mots qui décrivent le plus la Namibie selon vous.

Aride, beau et paisible.

A propos du Giraffe Conservation Foundation (GCF)
C’est la seule ONG au monde qui se concentre uniquement sur la conservation et la gestion des girafes à l’état sauvage dans toute l’Afrique. Actuellement, GCF est impliqué dans des initiatives de conservation des girafes dans 15 pays africains. Une implication qui va de la mise en œuvre du programme de la conservation au suivi des actions pratique tout comme l’apport d’un soutien technique aux partenaires.

Projet  »This is My Time » : Série de portraits d’africains
Cette interview fait partie du projet  »This is My Time ». Série de portraits d’Africains engagés dans différents projets (éducatifs, sociaux, environnement, vie sauvage) afin de mettre en valeur leurs actions qui changent la vie en mieux de leurs concitoyens et aussi de sensibiliser aux enjeux africains.

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